Delhi,
capitale du sous-continent, offre un contraste saisissant entre
les quartiers modernes et la vieille ville grouillante où
le temps semble s'être arrêté...
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| Samedi
21 Août 2004
Il est presque minuit quand l'avion atterrit sur le tarmac indien
et il fait 32° !
Peu
d’éclairage dehors, il est tard… Beaucoup de
vaches qui traînent dans les rues ; il n’aura pas
fallu attendre longtemps pour les voir ces fameuses vaches sacrées
! Encore plus nombreux que les vaches sont les rickshaw wallah
qui dorment dans leur gagne-pain. Il y en a partout !
Nous nous rendons vite compte que le chauffeur de taxi ne sait
pas où est le Namaskar Hotel (nous fait-il croire)
et on tourne et retourne dans les rues défoncées
des environs de Pahar Ganj...
Le lendemain matin comme prévu, je découvre la vie
grouillante et encaisse le brouhaha des Klaxons, des cris, et
bien sûr, les odeurs… Il faut dire que les ordures
sont disséminées un peu partout dans la rue. Je
dois me frayer un chemin entre les rickshaws (auto ou cycle),
les piétons, les vaches…
Je prends un auto rickshaw pour aller à la Jama Masjid
; bien plus rapide que le taxi, je pense, car il se faufile partout...
Quel trafic ! Rickshaws, bus, vaches, chars à bœufs,
charrettes tirées par des hommes… C’est sidérant
de voir ces femmes en sari magnifiques au milieu de cette crasse
et de cette pollution !
Je découvre donc la Jama Masjid, Grande Mosquée
du Vendredi, la plus grande de toute l’Inde… Immense
enceinte et portail en grès rouge. En attendant que la
prière de 13h00 se finisse, je regarde les gamins jouer
au cricket. On me laisse tranquille ; les gens sont plutôt
cool. Ca y est : de nombreux hommes sortent en djellaba et bonnet
islamique, et je peux pénétrer dans la cour monumentale.
Contraste superbe entre le grès rouge et le marbre blanc
sur le sanctuaire. Le « pishtaq » (grand
portail central) est impressionnant ! Surmonté de coupoles,
il domine l’ensemble. Que de monde ! |
la
cour de la Jama Masjid (aquarelle d'après photo)
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Peu
de touristes, surtout des Indiens de toutes sortes qui viennent
prier bien sûr, mais aussi passer un bon moment. Des gamins
s’amusent à faire s’envoler les pigeons au
milieu de la cour près du
« namaz », le bassin aux ablutions.
Je me trouve un petit coin à l’est sous les arcades
aux arcs polylobés de l’enceinte. Ici, les mosquées
sont tournées vers l’ouest, à le différence
du Maghreb ou même de l’Égypte.
J’entame donc un croquis de cette architecture mogole du
XVIIe siècle et ne tarde pas à être entouré
par de nombreux Indiens, puis encore d’autres… Très
silencieux, ils observent attentivement mon trait. C’est
sympa, j’aime bien ces moments… J’ai droit à
de nombreux sourires, de petites filles ou de leurs mamans qui
viennent voir.
Petit repas chez Karim’s, face à la mosquée.
Je prends comme les locaux, un « mouton en sauce
» avec du « roti ». Délicieux,
épicé, mais sans plus… Les « roti
» sont vraiment succulents !
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Jama
Masjid - en photo : croquis en cours, bien entouré -
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| Le
réseau ferroviaire indien est mythique et le Jaisalmer
Express est une bonne façon de le découvrir.
Presque 1000 km séparent la capitale de cette ville extraordinaire
et il nous faudra pas moins de 20 heures pour les parcourir. L'occasion
de sympathiser avec les occupants du compartiment, voyageurs et
Indiens bien sûr. |
Jaisalmer
Express, sleeper class
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Je
découvre le confort de la « sleeper class
». Plutôt bien : la couchette est un peu dure et spartiate,
mais le train part pile à l’heure ! 17h40 tout juste,
je suis sidéré… Avec nous, il y a un jeune
qui descend un peu plus loin et c’est tout ! Encore de la
chance : la SL33, ma place, est en bas et donne sur la fenêtre.
La pluie s’est enfin arrêtée et nous découvrons
la campagne au soleil couchant...
Je
bois mon premier « chaï » servi dans
un petit gobelet de terre cuite que l’on jette par la fenêtre
une fois vidé… Excellent !
Un gars passe et demande si l’on veut manger ; je commande,
on verra bien… Le type revient avec mon plat reparti dans
de petits récipients en alu : paratha, dahl et riz avec
patates et légumes au curry. Le tout pour 30 rps ! Délicieux,
un peu hot, mais ça va…
Pas de poubelles dans le train… et de toute façon,
ça ne sert à rien de garder les déchets car
je ne trouverai pas de poubelles plus tard non plus. Ce mot et
cette notion sont à peu près inexistants en Inde
! Donc, je me résigne à faire comme les autres…
par la fenêtre ! Au moins, le pot en terre du chaï
était plus écologique ! Le train va bien plus vite
que je le pensais...
Un rapide crobar avant de me coucher. Les couchettes sont peu
ordinaires réparties ainsi : deux dans le couloir, soit
huit lits par travée, mais on y dort plutôt bien.
Les ventilateurs font leur boulot ; il fait bon et je supporte
le sac à viande. Mon sac à dos sous la couchette
est attaché par un petit cadenas, mais c’est plus
pour la forme… D’autant qu’il y a un garde juste
à côté avec un superbe fusil ! |
On dort super bien dans ce train, c’est génial !
Réveil à 7h20 à la gare de Jodhpur.
Pas de mal pour trouver un « chaï »
délicieux, bien que peu épicé. Je m’offre
un « déjeuner » pour 10 rps : puri,
patates en sauce et chutney, achar. Les patates
sont servies dans un récipient fait de feuilles. Je me
régale à voir tous ces gens qui attendent sur le
quai, surtout ces femmes si belles aux saris colorés. Je
dis « sari » pour simplifier, mais ici, au
Rajasthan, les femmes portent plutôt des "ghagra"
(jupe), avec des "choli" (boléro), des
"kurti" (chemise) et des "orhni"
(voile).
Passé Jodhpur, le paysage que nous découvrons
n’est plus du tout le même que celui d’hier.
Le désert n’est pas loin : sable et végétation
plutôt sèche constituent désormais le décor.
Des femmes, toujours magnifiquement habillées, apportent
un peu de couleur dans ces champs ocres et verts… Les vaches
et les chameaux se rajoutent aux nombreux buffles… J'aperçois
des huttes en paille qui ressemblent beaucoup à l’architecture
que j’ai pu voir au Mali. La pluie semble peu probable ici
et c’est plutôt de la poussière qui nous arrive
par la fenêtre !
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Vendredi 10 septembre 2004
De
retour à Delhi, je prends
un auto rickshaw pour me rendre au Qutb Minar situé assez loin
de Pahar Ganj.
La
visite vaut vraiment le déplacement…
C’est
une immense tour de 73 m, conique et divisée en cinq sections
par des galeries aménagées au-dessus de magnifiques «
muqarna », stalactites de pierre en nid d’abeille assez
fréquentes dans l’architecture islamique. Des bandes d’écritures
coufiques courent tout autour du monument à une certaine hauteur.
Le minaret se dresse dans un parc très bien entretenu avec des
massifs de fleurs et des palmiers. Mais ce n’est pas le seul édifice
remarquable : la mosquée Quwwat ul-islam, également de
la fin du XIIe s, ou du moins ce qu’il en reste, est particulièrement
belle.
De splendides arabesques et certains motifs qui ressemblent fortement
à du MC Esher avec les mêmes imbrications complexes d’animaux…
Les arches sont superbes, recouvertes d’inscriptions coraniques
et de motifs floraux ou géométriques.
Je profite de l’endroit un long moment en m’installant dans
le parc, confortablement adossé à un arbre.
Quelle tranquillité !
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Qut'b
Minar |