Agra, ville industrielle de 1,3 millions d'âmes, arbore fièrement son joyau, le Taj Mahal, symbole emblématique de l'Inde. 20.000 ouvriers ont oeuvré pendant plus de 20 ans pour ériger le plus célèbre monument édifié par amour !

Me voici donc débarqué à Agra à la fraîche : le ciel commence à s'illuminer et je m'assois dans une gargote en face de la gare pour déjeuner d'un chaï, de biscuits et de mes bananes quotidiennes.

Je ne bataille pas et choisis le Sheela Hotel, juste derrière le Taj. Le temps d'une douche et me voilà en 2 mn devant la porte du monument. Pratique ! A 6h15, il y a déjà du monde. Le prix de l'entrée est de 750 rps pour nous, les Occidentaux. C'est beaucoup par rapport aux 20 rps pour les Indiens, mais cela ne fait que 15 euros. Et ce n'est pas tous les jours qu'on se trouve au pied du Taj Mahal !

Taj Mahal
sa majesté le Taj (aquarelle d'après photo)


Tout contribue à magnifier le monument : le fait qu'il soit posé sur un socle, le canal dans lequel il se reflète, la végétation impeccable du parc à l'image de ces cyprès très droits qui bordent le bassin et la s
ymétrie parfaite des quatre côtés du monument.

En s'approchant, on découvre les motifs réalisés en « pietra dura », une technique d'incrustation d'éclats de pierres précieuses dans le marbre.

détail Taj
détail de façade, versets du Coran & Pietra dura

A l'intérieur du mausolée, ces motifs qui ornent la balustrade protégeant la tombe sont particulièrement fins : pas moins de 63 pierres précieuses différentes ont été utilisées ce qui confère à ces motifs floraux une élégance rare !

Je passe un petit moment à en croquer certains , ce qui permet d'apprécier encore plus le travail...


motif en pietra dura (incrustation de pierres précieuses dans le marbre)
 

Dans les « iwans » - ces espaces voûtés qui ressemblent à des immenses alcôves - sont ciselés dans le marbre des extraits du Coran.

 




Il est maintenant temps de croquer « the » carte postale, c'est-à-dire le mausolée de face se reflétant dans le bassin. J'aurais préféré son reflet complet dans le second bassin, mais il n'y a pas d'ombre et avec ce soleil assassin, ce serait du suicide ! Donc, je m'installe sur les marches,
protégé par l'énorme « pishtaq » en grès rouge. Bien sûr, à cette heure, il y a un monde fou, dont beaucoup d'Indiens, et je ne passe pas inaperçu !

aquarelle Taj
"the carte postale" - en photo : croquis en cours -

Je prends ensuite un rickshaw qui descend l'avenue bien verte et clean jusqu'au Fort Rouge, l'un des plus grands de l'Inde. Il reste plein de bâtiments intéressants typiques de l'architecture mogole.

Bien que Sikandra soit assez loin, l'excursion en vaut vraiment la peine : le Tombeau de l'Empereur Akbar (début du XVIe s) est superbe ! L'entrée est un magnifique avec son « pishtaq » recouvert de mosaïques polychromes en marbre incrustées dans le grès rouge où la « svastika » hindoue côtoie les inscriptions coraniques. Passée cette porte monumentale, on découvre un incroyable parc d'une propreté irréprochable, habité par de nombreux « langur » et quelques cervidés que j'aperçois parmi les palmiers.

De retour à Agra, je demande au rickshaw wallah de me laisser au pont de chemin de fer. Je traverse celui-ci à pied pour rejoindre la rive gauche de la Yamuna River. Interminable, ce pont ! Les bords sont plutôt crados, mais je parviens à trouver un coin juste en face du Taj Mahal et de son reflet dans la rivière. Paisible, loin de l'animation touristique de l'autre rive. Pas de barques, car les eaux sont très basses.

Je pars en bus pour Fatehpur Sikri, ma prochaine étape...

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Pour Info :

SHEELA HOTEL : 200 rps, calme et reposant avec son petit jardin, énorme avantage d'être à 2 mn de l'entrée du Taj.
Evidement, pas de vue sur le mausolée...


Extraits de mon CARNET DE ROUTE "INDE Rajasthan- Brut de Voyage"
édité chez BleuEditions

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